Maison à Mont-sur-Marchienne
Mont-sur-Marchienne
Rénovation et extension d'une maison unifamiliale à Mont-sur-Marchienne en vue d'en faire une maison kangourou
Mont-sur-Marchienne
Rénovation et extension d'une maison unifamiliale à Mont-sur-Marchienne en vue d'en faire une maison kangourou
Le projet consiste en la rénovation et la transformation d’une maison unifamiliale construite dans les années 1960 (plus précisément en 1964) – année où l’architecte Louis Everaert, diplômé en 1961 de Saint‑Luc Tournai sous l’influence de Jean Dubuisson, s’installe à son compte et érige cette maison avec atelier. Figure du modernisme belge, Everaert développe une architecture influencée par Richard Neutra et l’esprit scandinave, sobre, rationnelle, ancrée dans son contexte. La maison, première réalisation de l’architecte à Charleroi, se distingue par une composition claire de volumes simples coiffés de toitures plates, associant maison, atelier et garage, et par une écriture architecturale caractérisée par des façades en briques peintes en blanc, bardages bois et larges ouvertures vers le jardin.
Aujourd’hui, le projet vise à prolonger cette architecture tout en l’adaptant aux standards actuels de confort, d’usage et de durabilité. Le maître d’ouvrage, soucieux de préserver l’identité originale du bâtiment, a opté pour une intervention mesurée mais ambitieuse. Le projet prévoit l’isolation extérieure du premier étage et le remplacement du bardage bois existant par un bardage identique en essence et en teinte. Cette opération améliore significativement les performances thermiques tout en préservant l’esthétique originelle. Les bandeaux horizontaux sont conservés, et un léger rehaussement de l’enveloppe (+35 cm) permet d’intégrer discrètement des panneaux photovoltaïques sans altérer la perception du bâtiment depuis la rue. Cette attention portée aux détails, à la lisibilité du langage architectural initial, témoigne d’un respect profond pour l’œuvre existante tout en affirmant une démarche contemporaine et engagée.
L’organisation intérieure a été repensée pour accueillir deux unités d’habitation indépendantes : une habitation principale et un appartement en duplex. Ce dispositif s’inscrit dans une logique d’habitation kangourou, permettant à un membre de la famille – ici, le fils du maître d’ouvrage – de disposer d’un logement autonome, intégré au volume existant. Chaque unité bénéficie de systèmes techniques distincts : chauffage, ventilation, eau chaude, électricité et compteurs séparés. Des parois résistantes au feu assurent l’indépendance des deux volumes, et l’entrée latérale existante garantit l’autonomie complète de l’appartement.
L’intervention s’inscrit dans un contexte paysager particulier. Le jardin, structuré autour de plusieurs espaces (potager, serre semi-enterrée, poulailler, verger, bassin naturel), participe pleinement à l’identité du site. Aucune artificialisation supplémentaire n’est prévue ; la parcelle permet de répondre aux besoins en stationnement (jusqu’à six véhicules) sans modification des abords existants. L’équilibre entre le bâti et le non-bâti, caractéristique forte de la composition initiale, est ainsi préservé.
Enfin, la réflexion globale porte également sur les enjeux environnementaux et sociaux. La performance énergétique est renforcée par des choix techniques pertinents : isolation par l’extérieur, panneaux solaires, ventilation adaptée. Les matériaux sont choisis pour leur durabilité et leur faible impact : bois, céramique, laine de bois.
Par sa sobriété, sa précision et son respect du contexte, cette transformation affirme qu’une restauration attentive peut répondre aux modes de vie contemporains sans trahir l’esprit moderniste initial.